LA | SF Men's Fashion and Portraiture
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Press

RONALD N. TAN

PHOTOGRAPHE

LOS ANGELES, CALIFORNIE

PORTRAIT

PAR JACQUES ALOS

VERTU MAGAZINE, PARIS, FRANCE

L’ère numérique a révolutionné le monde de la photo, mais aussi sa perception, lui volant sa vocation initiale : défendre un art, un regard. Mais si la technicité a radicalement changé le profil du photographe itinérant, celui du chasseur d’instants, lui, n’a pas pris une ride. Il révèle une passion sans limite à la beauté des formes, des lumières. C’est ce qu’a entrepris Ronald N. Tan, en calquant sa vie sur ses rêves, qu’il pourchasse désormais avec une acuité d’une douceur exquise.

Cette passion pour la photo, Ronald l’a découverte sur le tard, alors qu’il était prédestiné à des études sur la physique appliquée : étant issu d’une famille plutôt bourgeoise de Birmanie, où il naquit en 1981, et où elle officie traditionnellement dans le secteur médical. Sans doute les cours d’optique et de diffusion de la lumière ont-ils titillé l’artiste qui sommeillait en lui : toujours est-il qu’il se met rapidement à vouloir exalter la beauté des reflets, des contrastes. Naturellement attiré par la mode et la presse, il choisit à 25 ans de s’installer en Californie, et de relever le challenge d’une vie toute tracée. Il n’a pas droit à l’erreur : aussi, avec la précision d’un Métronome, il étudie, cherche, améliore ses connaissance, tout en essayant de combattre le regret du confort. Les débuts ne sont pas simples, mais son travail se remarque assez vite après avoir travaillé sur des books plutôt soignés. Il gagne très vite son premier désir : se spécialiser dans la mode masculine et la beauté, dont il décrit sa fascination avec aisance : «la photographie est la combinaison parfaite entre l’art et la science», suggère-t-il presque timidement, sous-estimant sans doute son pouvoir de valorisation. Mais avec une grande humilité il rajoute «Chacun des modèles que j’ai photographié durant ces trois dernières années m’a aidé à m’améliorer, me comprendre et surtout découvrir à quel point il y avait de la beauté chez les hommes».

C’est clair et louable. Réclamé désormais par les agences pour les covers de magazines internationaux en Australie, Espagne, France et Allemagne, il accomplit non seulement une ascension stupéfiante, tout en gardant cette dose de recul qui le rend un soupçon fragile. Un artiste qui remue un secteur endormi, c’est trop rare pour ne pas le souligner.